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Par : Bastien Quirion

L’auteur est professeur au Département de criminologie de l’Université d’Ottawa

La préoccupation accrue pour la criminalité dans les sociétés occidentales semble aller de pair avec la montée du sentiment d’insécurité. La peur du crime, qui connaît une expansion significative depuis une quinzaine d’années, ne saurait toutefois s’expliquer par une réponse automatique à une criminalité débridée.

L’équation selon laquelle la montée de l’insécurité serait le symptôme d’une société davantage marquée par la violence ne résiste pas, en effet, à l’examen empirique des chiffres de la criminalité. Il faut donc chercher ailleurs les causes de l’insécurité. Une des réponses envisagées consiste à associer la peur du crime à une crise des liens sociaux qui, traditionnellement, prémunissaient les individus contre les aléas de l’existence.

Si la criminalité fait depuis longtemps partie du paysage urbain, ce n’est que depuis peu que le phénomène règne en tête des priorités publiques et politiques. C’est en effet depuis le milieu des années 1980 que l’on enregistre dans les pays occidentaux une montée du sentiment d’insécurité face à la criminalité. La priorité accordée à la question de l’insécurité est particulièrement palpable lorsqu’on s’attarde au contenu des diverses campagnes électorales qui ont jalonné les deux dernières décennies. Mentionnons à cet égard les courses à la mairie de New York autour du thème de la lutte au crime et les toutes récentes élections présidentielles françaises, où la question de l’insécurité a occupé une place importante. Bien que la situation canadienne ne puisse être assimilée à celle de l’Europe et des États-Unis, on enregistre toutefois une préoccupation à la hausse pour les questions relatives à la criminalité.

La montée du sentiment d’insécurité9 Convertible Best Ampm Canapé Lit Beauté Canape Lovely qUpzMSV

Depuis environ 15 ans, les questions relatives à la criminalité et à l’insécurité occupent une place de plus en plus importante dans l’esprit du public canadien. Les sondages d’opinion effectués auprès de la population canadienne témoignent de la croyance selon laquelle les taux de criminalité seraient montés en flèche au cours des dernières années, ou dans le meilleur des cas seraient demeurés stables (Source : Statistique Canada). Ces résultats d’enquête révèlent aussi chez le public une attitude généralement peu favorable aux mesures prises pour lutter contre le crime, témoignant de la perte de confiance des répondants à l’égard du système de justice pénale. En général, on croit que la criminalité augmente et que les moyens mis en place pour l’endiguer s’avèrent inefficaces.

La croyance du public en la hausse de la criminalité s’accompagne aussi d’une préoccupation accrue du politique pour la question de l’insécurité. La question de la lutte à la criminalité, bien qu’elle ait toujours été du ressort de l’État, occupe une place de plus en plus grande dans le programme des politiciens. Cette remontée de la criminalité dans la liste des priorités politiques fut particulièrement visible au cours du processus canadien de réforme de l’appareil de justice pour mineurs délinquants. Lancée en mai 1998, la stratégie fédérale de renouvellement du système de justice pour les jeunes vient tout juste de connaître son dénouement par l’adoption, en février dernier, d’une nouvelle législation dont l’orientation s’avère résolument répressive. Cette nouvelle orientation répressive fut entre autres stimulée par le besoin, selon les paroles de la ministre de la Justice de l’époque, « de mieux répondre aux inquiétudes du public en matière d’insécurité ». L’importance désormais attribuée à la participation du public dans l’élaboration et la mise en place des mesures pouvant répondre au problème de la criminalité permet dès lors d’ouvrir la voie à la reconnaissance politique de la montée de l’insécurité face au crime. Cette reconnaissance du sentiment d’insécurité par les autorités politiques contribue ainsi à alimenter la croyance selon laquelle la criminalité atteindrait au pays des taux alarmants.

Les chiffres de la criminalité

Cette montée de l’insécurité, qui se traduit à la fois dans le champ de l’opinion publique et de la reconnaissance politique, représente toutefois une certaine forme d’anachronisme si on tient compte des chiffres relatifs à la criminalité au pays. Les statistiques officielles indiquent en effet que les Canadiens vivent aujourd’hui à une époque caractérisée par une diminution de la criminalité. C’est du moins ce que nous révèlent les taux d’arrestation et les résultats des enquêtes de victimisation. Ces chiffres indiquent en effet que le taux de criminalité général est en régression continuelle depuis le début des années 1990. Pour l’année 2000, le taux national de criminalité a connu un recul important par rapport à l’année précédente, représentant en fait une neuvième année de baisse consécutive (Source : Statistique Canada, 2001).

Cette chute significative de la criminalité enregistrée par les policiers est appuyée par les résultats obtenus lors d’enquêtes de victimisation effectuées auprès de la population canadienne. Questionnés au sujet de la fréquence à laquelle ils ont été victimes d’actes criminels, les Canadiens témoignent globalement d’une diminution significative du nombre de crimes commis. Les résultats d’une enquête menée sur une base périodique entre 1989 et 2000 révèlent que le taux de victimisation a graduellement diminué au Canada au cours de la décennie (Source : International Crime Victimization SurveyMorosoTables Plateau Basses Table Grand Phoenix T Basse qSVGMzUp, 2001). Le nombre de délits commis par 100 habitants aurait ainsi chuté de 51 à 40 au cours de la période étudiée.

Cette tendance à la baisse dans les taux de victimisation est aussi confirmée à la lecture des chiffres compilés par les agences officielles au cours de la même période (Source : Enquête sociale générale). On peut donc affirmer que la criminalité générale a subi une diminution graduelle au Canada, au cours des dix dernières années, témoignant ainsi d’un décalage entre la perception du public et les données empiriques en matière de criminalité.

La perte des repères de la solidarité

L’écart qui semble se dessiner entre la préoccupation publique et politique pour la criminalité et les chiffres officiels quant à la situation du crime au pays nous conduisent à certains constats. On ne peut en effet penser la montée de l’insécurité comme étant le produit direct de la flambée des taux de criminalité. Or, si l’insécurité ne saurait être associée à une augmentation de la délinquance, à quoi peut-on attribuer cette inflation du sentiment d’insécurité? La réponse à cette interrogation réside à notre avis du côté de la crise des mécanismes de maintien de la solidarité qui, traditionnellement, servaient de repoussoir à l’incertitude au plan individuel.

Dans les sociétés traditionnelles, les institutions telles que la famille, l’Église et la communauté avaient pour fonction d’offrir à l’individu une protection collective face à l’adversité. Ces institutions permettaient en effet de répartir le poids de l’incertitude sur les épaules d’un plus grand nombre, allégeant ainsi la charge de l’incertitude sur le plan individuel. Dans la foulée de la modernisation, ces institutions traditionnelles allaient être graduellement remplacées par les divers programmes de l’État-providence. L’assurance collective est désormais assumée par les agences publiques de l’État, offrant ainsi un nouvel organe de solidarité au plan politique.

Mais face à la dissolution progressive des institutions traditionnelles et au démantèlement en règle de l’État-providence, on peut se questionner en toute légitimité sur l’émergence de mécanismes pouvant désormais assurer à l’individu que le poids de l’incertitude pourra être partagé avec les autres membres de la communauté. Si l’État-providence s’est instauré au milieu du XXe siècle comme une réponse pour pallier la désintégration des institutions traditionnelles de la solidarité, on peut dès lors se poser la question de savoir quelles instances peuvent aujourd’hui combler le vide laissé par le démantèlement du providentialisme. La réponse ne saurait se trouver, comme certains penseurs du néolibéralisme le prétendent, du côté du libre-marché et du retour à des valeurs plus conservatrices.

Ces transformations récentes des instruments de la solidarité ont donc pour résultat que l’individu se retrouve tout à coup seul pour faire face à l’adversité. La montée de l’insécurité par rapport à la criminalité pourrait ainsi s’expliquer par l’absence de méca-nismes sociaux permettant à l’individu de partager le poids de l’incertitude avec ses voisins. Le sentiment de peur ne se fonde pas exclusivement sur la portée objective de la menace; il réside aussi dans l’absence de liens sociaux forts pouvant garantir une gestion efficace de l’incertitude.


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